Ludovic Robert, Champion de La Réunion de parapente 2008 |

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COMMENT VOLER… AVIS D’EXPERTS

Nous avons rencontré pour vous ceux qui ont réussi à réaliser l’un des plus grand rêve de l’Homme, voler. Ils nous ont accordé quelques minutes sur leur fief à Saint-Leu pour nous parler de leur passion… Portrait…


Réunion Saveurs : Comment as-tu commencé le parapente ? En fait, je suis tombé dedans très petit en 1993 grâce à Monsieur Gilles Gigant (NDLR : l’un des Pionniers du parapente à La Réunion) mon parrain et puis, j’ai écumé les atterrissages pendant 4 ans avant de pouvoir voler parce que je n’avais pas l’âge à l’époque.

Ludovic Robert : Combien de temps dure la formation pour commencer vraiment à voler en solo ? En fait, il y a plusieurs phases dans la formation encadrée par les infrastructures labélisées par la Fédération Française. Vous avez le stage d’initiation et ensuite les premiers grands vols avec des moniteurs. Après, je dirais qu’il faut une bonne année de formation en volant régulièrement avec une soixantaine de vols pour être autonome.

Quel est ton parcours sportif ? J’ai quitté La Réunion pour aller au pôle espoir dans Les Pyrénées en 1999, j’y suis restée 3 ans et j’ai fais mes années lycée là-bas. A l’obtention de mon bac, je suis allé dans Les Alpes, au pôle France pendant 1 an. Ensuite je suis rentré au pays. J’ai repris la compétition en 2007 après m’être arrêté 5 ans, j’ai remporté ensuite la coupe de La Réunion en 2008, en 2009 j’étais dans les 4 premiers, en 2010, 2ème à la Coupe de La Réunion et 3ème au championnat.

Pour devenir champion ou du moins faire partie des meilleurs, cela demande beaucoup d’efforts, de sacrifices ? En fait, il y a un très bon niveau local mais l’expérience joue énormément. Il y a beaucoup de pilotes d’expérience et il faut voler, s’entraîner quoi. Comparé à toutes les régions de France, nous avons ici à l’île de la Réunion l’un des plus gros niveaux.

Et en termes d’infrastructures et des formations ? Pour ce qui est de la formation, de voler en tandem, au niveau du développement, c’est très bien rodé. Il faut savoir qu’au sein de la Ligue de La Réunion, il y a des gens actifs et ils se font connaître avec des compétitions internationales tous les ans. Pour la compétition, disons oui et non, ce sont surtout nous, pilotes, qui créons nos petites équipes, nous avons la motivation tous ensemble.

Un pilote de parapente peut donc devenir professionnel, gagner sa vie et en vivre ? Un pilote peut devenir professionnel sans avoir de rapport avec la compétition. Les compétiteurs ne gagnent pas leur vie dans le parapente, hormis peut-être les 3 premiers mondiaux. Sinon, pour les professionnels, c’est un processus de brevet d’Etat comme vous avez dans tous les sports, il y a des étapes à passer, ensuite diplôme obtenu, vous pouvez enseigner.

Devenir champion de La Réunion demande un certain nombre de compétitions, beaucoup d’implications ? En terme de résultats, les 10 premiers pilotes à La Réunion sont des pilotes d’expérience donc c’est surtout la ruse et l’expérience qui font les résultats. Pour nous, percer dans le milieu international demanderait énormément de sacrifices, il faut déjà se déplacer en Europe et par exemple un pilote qui suit un circuit Coupe du Monde, il y a 5 étapes dans l’année, il faudrait donc partir 5 fois 15 jours donc ça ne permet pas d’avoir un boulot à moins d’avoir un patron conciliant… Il faut aller au Brésil, en Turquie etc… au départ de La Réunion c’est extrêmement difficile.

As-tu déjà volé hors de l’île ? En fait, je pars tous les ans pour des compétitions internationales un peu partout. L’Afrique du Sud est pour moi un lieu de prédilection et nous y allons régulièrement depuis 4 ans. C’est une très belle compétition qui a lieu proche du Cap. Sinon, je me déplace surtout en Europe, Italie, Espagne, Métropole.